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Présentation

 

 

Villiers sous Grez

 

Au centre d'une clairière, le village de Villiers-sous-Grez s’est construit sur deux axes principaux. Sur la route qui rejoignait les bourgs de La Chapelle-la-Reine et Grez-sur-Loing, deux des principales châtellenies du Gâtinais, rattachées au domaine royal depuis 1068, les paysans défricheurs ont bâti, cote à cote, leurs chaumières et les petites dépendances, étables, écuries, granges et vinées nécessaires à leurs exploitations agricoles. Ce sont les actuelles rue Gabriel Bachet et René Lefèbvre, séparées par la rue de l'Eglise, axe Nord-Sud qui relie la communauté laborieuse à leur église que se partageaient un curé et un prieur. C’est probablement la fondation du prieuré qui provoqua le développement de l’habitat médiéval. Pour sanctifier l’exercice de son pouvoir, le roi de France, souhaita perpétuer son souvenir en soulageant son âme par l’octroi d’une dîme au clerc qui prierait pour lui dans ce lieu si bien situé pour une halte quand les chasses royales descendaient de Fontainebleau vers les confins méridionaux de sa forêt. Au XI° siècle, Philippe 1er, roi de France confiait la chapelle prieurale du prieuré de Villiers à un prieuré plus conséquent, celui de St Sauveur de Melun. Par la suite, peut être en récompense de leur contribution à la construction d’une église plus grande, celle que nous connaissons aujourd’hui, construite au XII° siècle, le droit perçu lors de la succession du prieur appartint à l’abbaye cistercienne de Molesmes. La plus ancienne mention du village de Villiers, alors dénommé, Auvillare, se retrouve dans une notice de 1080 relative à la biographie de St Mathurin par un prêtre de Larchant. La suivante, évoque Villaria in biera et date de 1255 dans un cartulaire de la cathédrale Notre-Dame de Paris. Enfin dans une désignation se rapprochant de son nom actuel, Villares juxta Gresum, est cité dans un dénombrement des dépendances du diocèse de Sens vers 1350.

 

En 1303, Philippe le Bel qui naquit et mourut à Fontainebleau cédait son droit de suzeraineté sur la seigneurie de La Chapelle-la-Reine et la paroisse de Villiers, à son chambellan, Hugues (II) de Bouville. La terre de Villiers resta dans la famille de Bouville et ses branches féminines (d’Ormoy, des Essarts, de Mornay), de beau-père en gendre, durant toute la période du moyen-âge. Le roi Charles V confia à Charles de Bouville l’inspection des places fortes du Gâtinais. Ce chevalier visita sa seigneurie en 1367 pour vérifier si l’église de Villiers pouvait être un refuge suffisamment solide pour assurer la protection de ses habitants en cas d’incursion des bandes anglaises qui pillaient le Gâtinais depuis le commencement de la Guerre de cent ans. Nemours fut investi en 1358 et 1359. Les anglais étaient de retour en janvier 1368, et encore à Nemours en septembre 1370. Les bourguignons étaient à Larchant au printemps 1418, et emmenèrent le vicaire André Gagon en captivité. En 1429, on se battait entre anglais et français à Beaune la Rolande, au sud de Larchant. Jeanne d’Arc traversait le Gâtinais et faisait halte le 31 mars 1430 à La Chapelle-la-Reine. En 1437, Jacques d’Anjou et Bernard d’Armagnac pour le compte de Charles VII reprenaient Château-Landon, puis Nemours.

 

Au rétablissement de la paix, tout le pays était sérieusement dépeuplé, et Villiers n’échappa pas à cette désolation. Les délimitations des seigneuries et la détermination des droits fiscaux ayants été perturbés, leurs nouveaux détenteurs voulurent les fixer à nouveau. Dans ce contexte les nouveaux seigneurs de La Chapelle et de Villiers (famille de Neuville) prirent l’initiative du plus ancien dénombrement parvenu jusqu’à nous. En 1552, Villiers comprenait 85 foyers logés dans 66 maisons (non compris les maisons qui sont en la censive du prieuré du Buisson) et 25 maisons et 27 familles à Busseau. Cent douze ans plus tard, Barillon, le Grand Maître de la forêt de Fontainebleau comptait en 1664 les 500 habitants de Villiers parmi les bénéficiaires des droits d'usage dans la forêt voisine. Entre ces deux dates, la population du village n'avait augmenté que de 52 habitants, soit 12% en un peu plus d'un siècle. Entre ces deux dates, il y a pu avoir des fluctuations importantes, mais cette très faible augmentation suit la tendance générale de la France. Cinquante années plus tard en 1709, dans son "Dénombrement du royaume", Saugrain, libraire parisien, ne citait encore que 124 feux. Ses sources fiscales (rôles des tailles) étaient peut être anciennes mais elles reflètent la succession des misères de la deuxième partie du règne de Louis XIV marqué par les famines et les épidémies. Après cette stagnation, la population augmente de près d'un tiers (+27% en 16 ans) entre 1709 et 1725. Erreur statistique ou rechute, le village retombe au seuil précédent en 1754.

 

La croissance démographique se poursuivra jusqu’à la fin du XVIII° siècle et la population atteindra 800 habitants, se maintenant autour de seuil jusqu’en 1836 (804 habitants). Pourtant le territoire agricole des Villarons était exigu (environ 400 hectares) et de faible qualité agronomique. Pour survivre sur de très petites exploitations, de quelques arpents (1 arpent = 0,42 hectare), ils se firent presque tous viticulteurs. Mais la vigne qui occupait plus de la moitié des terres cultivables (200 hectares en 1800), perdit sa valeur économique. La concurrence des vins du midi transportés par chemin de fer (1852, 115 hectares de vigne) et le phylloxera (1992, 20 hectares de vigne) éliminèrent cette culture. Pour compenser cette perte, les cultivateurs valorisèrent davantage leurs champs en remplaçant les jachères par des prairies de sainfoin et de luzerne. Durant l'absence des maris partis à la guerre entre 1914 et 1918, les femmes agrandirent les parcelles de sable consacrées à la culture des asperges (30 hectares de 1915 à 1919). Mais c'est davantage l'exode rural, l'attraction de Paris et de sa banlieue, qui transformera l’agriculture locale. On comptait 190 exploitations agricoles en 1892, mais 130 n’atteignaient pas 5 hectares. Le déclin démographique permit la concentration des exploitations. La surface moyenne des 27 cultivateurs présents en 1957 atteignait presque 15 hectares. A ce jour deux agriculteurs restent sur la commune.

 

La quête de ressources que ne pouvait plus assurer l’agriculture provoqua le déclin démographique du village. Le sable fut un temps d’un petit secours. La sablière  située dans le Rocher de la Vignette occupait 8 personnes en 1926. A la même date la forêt qui recouvrent les deux tiers de la surface de la commune faisait vivre un peu plus d'un dizaine de bûcherons, d'agents forestiers ou de charretiers spécialisés dans la vidange des grumes. Le village comptait alors encore 20 artisans et 16 commerçants. Mais la population continua de diminuer jusqu'au recensement de 1946 (447 habitants). A compter de cette date elle augmentera faiblement jusqu’en 1975 (552 habitants), puis plus vigoureusement du fait d’une extension soudaine de la surface bâtie (706 en 1982), avec le lotissement des rues des Bordeaux, de la Croix Lambert, de la Garenne. Les industries de Nemours, Bagneaux (verrerie), Ury (conditionnement de parfum) et Recloses (imprimerie) fournirent des emplois. La population du village atteint à nouveau le niveau qu’elle avait déjà connu (784 habitants en 2009), mais il faut le plus souvent chercher les emplois professionnels jusqu'à Paris. Toutefois, le cadre naturel reste un atout pour justifier l'enracinement des villarons à leur village.

 

MAJ 28/03/2015 JP